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Articles “Trucs de métier”


Pierre Duchesne: Comment, où et quand chercher l’arrangeur idéal


Au moment de la rédaction de cet article, Pierre Duchesne était bassiste de Richard Séguin et Paul Piché avec qui il tournait depuis des années, et s’était fait un nom dans le monde des arrangeurs en participant à l’élaboration du son de Kevin Parent et de Claire Pelletier. Ses services ont été retenus par les plus grands producteurs de disques québécois – Tacca, MusiArt, Audiogram – et il a notamment signé les arrangements du disque La Rose des sables de Jeff Lamothe et d’un album de Laurence Jalbert (Avant le Squall).


La contribution de l’arrangeur
« L’arrangeur aide l’artiste à créer l’ambiance sonore qui lui convient tout en respectant sa démarche artistique. L’artiste peut souhaiter des arrangements très pop afin de tourner à la radio ou envisager une démarche plus artistique que commerciale. Une fois que l’artiste et l’arrangeur ont déterminé ensemble le type d’orchestration désiré, le travail de l’arrangeur est de suggérer des façons d’amener la chanson vers le but visé. Parfois, l’artiste peut demander à être surpris. S’il désire effectuer un virage, il peut aussi choisir un nouvel arrangeur qui proposera de nouvelles textures à ses chansons. »


Les méthodes de travail
« Certains arrangeurs travaillent seuls et présentent ensuite le fruit de leur travail. D’autres préfèrent la méthode laboratoire : on regroupe un certain nombre de musiciens et on leur suggère une façon de jouer, d’aborder la chanson. Ainsi, l’artiste voit sa chanson évoluer à mesure qu’on enregistre. Je préfère inclure l’artiste dans le processus d’évolution de la chanson. Un bon arrangeur va écouter les albums de l’artiste, ses chansons, parfois d’autres produits pour bien cibler ce qui lui conviendra le mieux, en fonction du marché auquel le disque est destiné. Ça prend une grande communion d’idées. L’important, c’est de demeurer simple : l’arrangeur propose le plateau sur lequel on présente la chanson. »


Quand l’arrangeur entre-t-il en scène?
« Idéalement, c’est lorsque la musique et le texte d’une chanson sont considérés comme terminés même si la chanson n’a peut-être pas encore de structure définitive. De préférence, on travaillera avec une version rudimentaire de la chanson, piano-voix ou guitare-voix, par exemple. Ça peut être une mauvaise piste de travailler avec le matériel pré-arrangé. L’arrangement est un travail d’exploration, alors il ne faut pas avoir peur de prendre des chances. »


Comment trouver son arrangeur
« Il y a une liste d’arrangeurs dans le Répertoire de la Guilde des musiciens du Québec, mais ce n’est pas une référence formelle. On peut le choisir en fonction de sa réputation et se faire recommander un arrangeur par des gens qui sont dans le même créneau que le nôtre. Si en écoutant un disque on accroche sur un genre d’arrangements, il faut communiquer avec cette personne-là, le plus souvent par le biais de la compagnie de disques, en relevant son nom sur le livret qui accompagne le disque. C’est aussi une bonne idée d’écouter le travail que l’arrangeur a fait pour d’autres artistes, afin de mieux le connaître. Je conseille à ceux qui commencent de suivre leur instinct et de faire confiance à des arrangeurs qui ne sont pas nécessairement connus mais qui s’impliquent, plutôt qu’avec un arrangeur réputé qui travaille avec un intérêt mitigé. Un disque qui marche peut ainsi servir de tremplin à un nouvel arrangeur talentueux. »


Les honoraires
« À Montréal, on parle généralement d’un tarif qui va varier entre 500 $ et 1 000 $ par chanson, défrayé par le producteur du disque. Si l’artiste s’autoproduit ou qu’il prépare un démo, les frais seront à sa charge. L’important, c’est que l’artiste et l’arrangeur s’entendent clairement avant de commencer le travail. »


(Entrevue par Sylvain-Claude Filion.)


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