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K.Pone Éditions : question de feeling
par Stéphane Martel

Ayant quitté les bancs d’école à un très jeune âge, Cyril Kamar, mieux connu sous le pseudo de K.Maro, s’intéresse rapidement aux rouages de l’industrie musicale. Après des escapades au sein de LMDS (Les Messagers du son) puis en solo, il fonde son étiquette de disques en 2002 (K.Pone.Inc Music Group) et apprend les rudiments du métier. « J’étais curieux de découvrir ce qui se cachait derrière la scène. Je passais beaucoup de temps avec des trackeurs radio et des responsables de maisons de disques pour voir comment on montait des plans marketing et comment ça fonctionnait au niveau de la commercialisation des albums, » raconte-t-il, enthousiaste.


Nées vers la fin de 2004 afin de répondre aux besoins urgents de ses artistes, les éditions K.Pone démarrent officiellement leurs activités à l’aube de 2005. « Rapidement, j’ai eu besoin d’en savoir davantage sur le droit d’auteur, ce que ça représentait. Apprendre les rouages du domaine de l’édition m’a ouvert les portes à toutes les possibilités du métier. J’ai réussi à faire la différence entre mon rôle d’éditeur, d’artiste et de producteur. »


Au début, on fait peu de synchronisation et on place encore moins de titres sur des pubs. Toutefois, les contacts ne manquent pas. « Pour tout dire, on réussissait à fonctionner parce qu’on connaissait beaucoup de gens de l’industrie. Des producteurs français me demandaient si je possédais un titre dans tel ou tel style. De mon côté, lorsque je savais que c’était une bonne association, je permettais à de jeunes artistes d’exprimer leurs talents en les faisant collaborer avec des professionnels. »


Au cours des trois premières années d’opération des éditions K.Pone, Cyril s’attarde relativement peu au marché local, préférant se concentrer sur le potentiel international. « Je savais que le marché québécois n’était pas encore frappé par la crise internationale, mais il fonctionnait sous de vieilles traditions. Je ne sentais pas encore le besoin d’être créatif. On a énormément exporté en Europe où la crise sévissait depuis plus longtemps qu’ici, soit depuis la fin de 2005. Aujourd’hui, on n’a plus de limites. C’est la qualité de la musique qui m’intéresse. Si je sens qu’une chanson a le potentiel de voyager outre-mer, je vais me mettre au travail immédiatement, » avance l’homme, la voix vibrante.


En 2006, Kamar saute à pieds joints dans le train des nouveaux médias et consacre énormément de temps au développement du Web et de la téléphonie mobile. Le jeune homme est conscient qu’il est maintenant temps d’utiliser de nouvelles méthodes de diffusion. Il sait aussi que le danger est bien réel. « Le risque que l’on prend en misant sur un auteur-compositeur est énorme. Beaucoup plus important qu’il y a une dizaine d’années. Entre 1990 et 2000, la rentabilité du disque était si importante qu’on doutait de la pertinence des éditions. Aujourd’hui, un producteur perçoit les éditions comme étant vitales. »


Alors que tous les artistes signés sous son label (Shy’M, Vaï, Imposs, Ale Dee, K.Maro, Rad, Peya) figurent au répertoire des éditions K.Pone, Cyril se permet de développer des chansons avec des gens autres que les artistes de son catalogue renfermant, à ce jour, entre 300 et 350 titres. « Il s’agit ensuite de placer ces gens sur des projets en demande. Ceux-ci peuvent être de toutes sortes. Cependant, je ne me sens pas confortable de signer dix chansons d’un artiste et de les laisser dormir. Je préfère prendre ce qui peut générer quelque chose de positif. Ça se sent tout de suite. On sait que telle chanson est un must pour tel artiste. Ensuite, on s’assure qu’il est protégé et que ses droits ne seront pas bafoués. »


Ne souhaitant absolument rien laisser au hasard, le jeune homme tient à ce que ses éditions soient régies par un administrateur professionnel du nom de David Murphy. « J’ai souvent comparé les éditions au golf. Rares sont les gens en édition qui maîtrisent parfaitement le sujet. On a toujours des choses à apprendre. J’ai rencontré des personnes sublimes qui ont des connaissances incroyables, mais qui oublient que le droit en édition change constamment. Il y a toujours des modifications à certains paramètres de la loi. Il faut être au courant des moindres détails. L’essentiel est de trouver quelqu’un en qui on a confiance. Tout n’est qu’une question de feeling dans ce domaine. »


Aujourd’hui âgé de 28 ans, Cyril Kamar désire poursuivre son travail de développement de jeunes auteurs-compositeurs en plus de mettre de l’avant une nouvelle gamme de sons urbains. Des artistes comme Odessa Thornhill, qui métisse le folk avec la black music. « J’ai envie de mélanger les tendances, incorporer la musique urbaine avec d’autres influences, favoriser des rencontres entre des créateurs du monde urbain et de celui de l’univers rock. D’abord, il s’agit d’exposer les créations au public. C’est ma mission, la porte d’entrée avant de passer à la réalisation d’un album. Aujourd’hui, un contrat s’étend de trois à six ans. Lorsqu’on parle de la durée de droit d’auteur, ça fonctionne sur le long terme. Un album a un cycle de vie de 18 mois, alors qu’une chanson a une vie éternelle. On semble parfois
l’oublier. »



En ligne depuis l’été 2009


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